Le blog est en sommeil, certes, mais un jour se réveillera !
En attendant : les Actualiseur·es sont toujours actifs au sein du lycée et sur Instagram, et proposent un partage de textes au cours d'une soirée de lecture, concoctée sur le thème imposé nationalement (villes et campagnes).
Si vous êtes curieux de livres, voulez afficher votre soutien à la lecture (à l'heure des "Reading party", ça pourrait vous tenter !), ou découvrir un peu comment les lycéens aiment lire à voix haute, n'hésitez pas à venir les écouter...
(Billetterie : à partir du 19 janvier, à la vie scolaire du lycée)
Pour la deuxième fois, l'atelier donne de la voix en public... et le public est là !
Le temps n'est décidément plus le même, depuis Covid... mais les ActuaLiseurs continuent, dans l'ombre, leur filiation, leurs lectures et partages multiples.
L'atelier a participé aux Nuits de la lecture, en ouvrant les portes de l'auditorium du lycée : ce qui avait été pensé au départ comme une lecture confidentielle pour quelques auditeurs qu'on pourrait convier sur le plateau, parmi nous, s'est transformé en mini-spectacle, tant il y avait de monde : formidable preuve que les gens aiment lire / qu'on leur lise des histoires.
Sur le thème imposé de la peur (les nuits de la Lecture sont une opération nationale), on a donc partagé nos frissons, et les élèves de l'atelier théâtre, ceux de la prépa Science Po nous ont rejoints, éclairant chaque extrait de leurs réflexions sur la peur de nos jours. C'était un beau partage, dont on montrera quelques photos-souvenirs aux Journées Portes Ouvertes du lycée (4 février prochain).
Certains spectateurs étaient confortablement installés sur la scène, et, dans une demi-pénombre complice, le chuchotement, parfois, des narrateurs, les voix multiples, les grattements et mouvements de corps, tout autour d'eux, ont bel et bien affolé leur imaginaire ! Ils nous ont réclamé les titres retenus pour l'occasion...
Cette version blog n’est pas morte, mais en sommeil, pour quelque temps encore.
Depuis la pandémie, l’atelier a dû se réinventer, chercher de nouvelles formes de communication, pour maintenir plus facilement le lien entre les membres de l’équipe : il a trouvé un nouveau souffle, en accordant plus de place aux lectures à voix haute, aux échanges sur des livres (tout le monde n’aime pas forcément les mêmes livres !).
(vous trouverez une petite vidéo, les précisions techniques de cet atelier,…)
Moins de temps pour moi, du fait de la pandémie et des tâches d’enseignante accumulées, pour écrire sur ce site… Mais que les curieux de lectures pour jeunes esprits se rassurent : il est depuis peu possible de suivre l’activité de l’atelier sur Instagram !
Le compte fait ses premiers pas sur ce réseau, mais compte bien y présenter ses coups de coeur, des lectures audio d’extraits plébiscités, des échanges type « le masque et la plume », auxquels les ActuaLiseurs, sans même s’en rendre compte, s’initient…
Ce compte permettra aussi de relayer l’actualité du livre (les expériences diverses, type « les nuits de la lecture », les passages intéressants de La Grande Librairie, etc), dans l’espoir de maintenir vivant le lien qui nous unit tous aux livres.
Bonnes lectures à tous et… retrouvez-nous sur Instagram ! ( #lesactualiseurs)
Voilà le temps qui file, et la situation sanitaire, qui nous ébranle, nous malmène tous, a ralenti la reprise de cet espace, j'en suis désolée... mais comme nous sommes en janvier, il faut tenter de garder le moral et reprendre corps !
Celui des ActuaLiseurs est encore :
- frêle : une petite dizaine d'élèves réguliers, et quelques sympathisants ponctuels = disons une quinzaine au meilleur jour, c'est un début !
- balbutiant : ce n'est pas simple, quand on se voit une fois tous les 15 jours, et jamais tous ensemble, de faire tout ce qu'on avait projeté de faire !
- timide : les idées sont souvent dites, en séance, mais par manque de temps, pas toujours écrites et partagées sur le site...
mais il est aussi :
- plein d'envies : on s'est inscrit au concours de Lecture à voix Haute de La Grande Librairie, en dépit de la complexité de s'y préparer, du peu de temps finalement qu'on a pour être parfaitement au point;
- content de ses premières lectures : en tête : La vraie vie, d'Adeline Dieudonné, lu par Eden et Maëlle, mais aussi Les Impatients, Maria Pourchet, lu par Léa, ou L'enfant qui, de Jeanne Benameur, lu par Nathalia. Beaucoup d'autres sont en cours de lecture, mais la difficulté du moment (suivre les cours en enseignement hybride demande plus d'attention qu'en temps normal) ralentit un peu l'enthousiasme de chacun... d'où l'intérêt de l'atelier, pour s'encourager !
- partageur : notamment de ses rapports aux livres, dans la rubrique : comment tu lis ? comment tu sors d'un livre ? comment tu cohabites avec tes livres ?...
Alors pour toutes ces raisons, janvier sera celui d'une bonne résolution : donner des nouvelles régulières de cet atelier qui ne demande qu'à croître, s'il est entouré de soins bienveillants !
Et je commence par montrer, en image, les titres proposés à la lecture, cette année : vous reconnaîtrez sûrement les auteurs et les couvertures. Tous ne seront pas lus cette année, mais enfin : ils constituent un vivier dans lequel l'atelier puise, sans modération...et vous peut-être aussi ?
Si vous faites partie du lycée Camille Claudel, vous pouvez avoir accès à cette liste, sur Pearltrees (compte : huaulmeb); si ce n'est pas le cas, il faudra attendre un peu, que les articles et propositions d'élèves sortent des coulisses de l'atelier (qui sont réservées aux membres de l'atelier) et circulent : depuis l'espace Pearltrees à l'espace de ce blog, par exemple... Alors soyez patients ?
LIRE, lire et relire, ÉCRIRE des articles critiques sur des livres, ou aimeriez apprendre à le faire, TRANSPOSER (en danse, en musique, en images) l'atmosphère des livres qui vous ont plu, pour mieux les partager, ou aimeriez apprendre à le faire
Si vous avez envie ...
de DÉCOUVRIR un peu plus les auteurs/autrices d'aujourd'hui, qui seront les grands noms de demain, deDISCUTERde ces lectures qui nous ravissent, d'apprendre les mille et une façons deLIRE À VOIX HAUTE, en public, seul(e) ou à plusieurs (et d'inventer la mille et deuxième)
Cet atelier, propre à Camille Claudel, pourrait bien être fait pour vous ! (attention, les places sont limitées)
Venez, au moins, à la présentation qui se tiendra au CDI le mercredi 30 septembre (12h30-13h30)
Il y sera question de la nouvelleorganisation, et surtout : de sa liste de livres, ses nouveaux arrivages, choisis avec soin !
Si, c'est justement votre heure de déjeuner ... venez au moins la première demi-heure ? Je gage que, si vous aimez les livres, vous accepterez de déjeuner d'un sandwich, exceptionnellement, pour ne pas passer à côté de bonnes lectures !
Pour toute question qui ne pourrait attendre : s'adresser à B. Huaulmé (professeure de Lettres) ou S.Mirebeau (professeure documentaliste).
La rentrée cette année a un parfum étrange : le port du masque, c'est une contrainte peu banale (gênante, affligeante, bâillonnante, étouffante, urticante, oui oui seulement voilà : indispensable pour TOUS) .
Alors certes, on est sous masque, mais ... pas sous vide ! On a respiré tout l'été, et découvert de nouveaux livres passionnants.
Peut-être, comme moi, avez-vous une furieuse envie de les partager avec d'autres lecteurs, débutants ou confirmés ? Ou bien avez-vous senti grandir en vous un appétit de lecture que vous ne soupçonniez même pas ? que vous voudriez qu'on vous aide à apaiser ?
Encore un peu de patience ... Si tout va bien, plus que quelques semaines avant que Les ActuaLiseurs ne réouvrent !
A chaque début d'année son lot de résolutions fortes...
Voilà quelques temps déjà que les ActuaLiseurs jouent les belles endormies... Réforme oblige (elle est très chronophage), ils ne se réveilleront pas encore cette année.
Alors en attendant qu'ils reviennent sur le devant de la scène, et même au monde réel - je suis sûre qu'ils sont partout autour de moi, plongés dans des imaginaires très variés, surfant à l'aise sur une couverture de livre, tapis volant de toute éternité -, je me propose de servir des intermèdes. Pendant ce temps en coulisses, croyez-le bien, le groupe cherche sa nouvelle forme, profile ses membres, opère sa mue et piaffe d'impatience de retrouver des jours meilleurs...
Je donnerai régulièrement (une à deux fois par mois), des idées de lecture ou de sorties liées à cette pratique dont, on a beau dire, personne ne se lasse (trop), tout en prétendant le contraire (1). Alors soyons confiants et ne nous laissons pas riper le moral par les Cassandre annonçant la disparition du lecteur, la mort du livre, blablabla.
Et commençons très fort : samedi 18 janvier (dans quelques jours, donc...) aura lieu la quatrième Nuit de la lecture, dans bon nombre d'endroits, parfois prévisibles, souvent improbables (ou l'inverse).
Pour les plus courageux, les curieux, les motorisés : c'est l'occasion de découvrir aussi les plus prestigieuses bibliothèques parisiennes : le site Richelieu de la Bibliothèque Nationale de France, par exemple (Paris, 2e), ouvrira exceptionnellement au grand public la salle des manuscrits...
Pour ceux qui n'auront pas le temps, le courage, les moyens (de transport ?) j'ai la solution !
Visitez un peu les podcasts stimulants du très engagé READING WILD... Vous y écouterez des lecteurs passionnés (comédiens, écrivains, artistes) vous parler de leur rapport au livre. Et ça fait du bien.
Bref : pour parodier Angelo (2) qui, attaqué par des corbeaux de malheur quand il est en fâcheuse posture sur le toit, savait résister, les ActuaLiseurs "ne sont pas (encore) morts"...
Bonnes lectures !
Béatrice Huaulmé
(1) lisez ici le rapport du CNDL (Centre National du Livre) sur le rapport au livre des Français.
(2) Angelo Pardi est le héros du Hussard sur le toit, de Jean Giono. Il traverse une France ravagée par le choléra. A Manosque, les corbeaux s'en prennent aux cadavres laissés ici ou là, sans plus aucune peur de l'homme.
Enfin elle arrive... avant de la diffuser, je souhaitais en parler de vive voix avec les ActuaLiseurs de cette année. C'est chose faite depuis cet après-midi ! Merci à Lorie, Alice, Mélodie, Lisa, Julia, Noémie, Laure, Alizée, Morgane, Clémence, Pauline, Chloé, Clarisse, Samira, Ayla, Emma... élèves de T L, T ES, P ES, STMG et 2de : vous êtes les premiers à avoir répondu présents, et je suis sûre que d'autres se joindront à nous. Les romans commencent donc à circuler. (premier prêt jusqu'au 8 décembre... il faut laisser le temps à chacun de lire !) Au programme de cette année : des romans fondés sur des secrets de famille, d'autres engagés, qui nous mettent une claque, mais alors une vraie claque (j'attends les premiers retours de lecture...) et d'autres, encore, qui nous prennent par les sentiments... bref, il y en a pour tous les goûts ! Par ordre alphabétique d'auteurs, pour plus de neutralité :
Sorj Chalandon, Le jour d'avant (éd Grasset)
Fabrice Humbert, Comment vivre en héros ? (éd Gallimard)
Guillaume Poix, Les Fils conducteurs (éd Verticales)
Monica Sabolo, Summer (éd JC Lattès)
Valérie Zenatti, Jacob, Jacob (éd de L'olivier, mais qui existe aussi en poche)
Enfin, comme il faut laisser au groupe des ActuaLiseurs le temps de lire ces ouvrages avant qu'ils puissent s'exprimer sur ce site, je compte vivement sur la "participation autre" (points de vue sur un spectacle, un film, un autre livre actuel, déjà lu, etc) des ActuaLiseurs déjà inscrits, ou de toute personne du lycée voulant rejoindre l'aventure ! Et pour ne pas finir de lire... Souvenons-nous que, parmi la sélection de l'année dernière, plusieurs romans avaient été très, très séduisants (avaient plu aux lecteurs venus en cours d'année dans l'atelier), sans pour autant avoir fait l'objet d'un "point de vue", d'un "retour" de lecture (manque de temps...)... Peut-être tenteront-ils encore, cette année ? Ce serait leur donner une deuxième chance... (feuilletez dans les archives, liste en novembre 2016)
L'année scolaire est maintenant bien commencée, vous avez pris vos marques : l'atelier peut se remettre en place ! Il a fallu un peu de temps pour choisir, parmi les livres de cette rentrée littéraire (très riche), la sélection des livres qui vous seront proposés... elle est terrible ! Une réunion d'information aura lieu le mardi 17 octobre, à 17h30 au CDI: nous y exposerons les principes de cette plateforme culturelle ouverte à tous, et les différents degrés d'implication possibles. Attention : cela ne veut pas dire que l'atelier aura lieu tout le temps sur ce créneau-là : nous choisirons, mardi 10 octobre, le moment qui conviendra à un maximum d'entre nous... Alors venez nombreux, si vous êtes intéressés par la littérature, les arts sous toutes leurs formes, et avez envie de participer à l'aventure des ActuaLiseurs ! Vous ignorez en quoi cette aventure consiste ? Raison de plus pour venir vous renseigner, ce mardi-là !
A l’heure où Ridley Scott nous offre sur écran géant un nouvel Alien, qui ne manquera pas de nous faire frémir, voici une fiction qui explore brillamment le rapport à “l’autre” et reflète sans concession l’ambiguïté de notre relation aux animaux.
Accrochez-vous : ce n’est pas sur une autre planète, mais bien sur la nôtre que tout pourrait bien arriver…
Première façon : la parole à une jeune écolo
En cherchant sur le net, on trouve bon nombre d'articles, de vidéos sur ce livre. Voici comment le présente une jeune lectrice, youtubeuse à ses heures, qui a été séduite par un des thèmes au cœur du livre : le rapport entre êtres humains et animaux.
On ne présente plus cet animateur d'ateliers d'écriture, écrivain lui-même et un des tout premiers, avec son sitele tiers livre, à avoir compris que la littérature devait investir la toile. Ici vous l'entendrez lire un extrait du roman de Vincent Message:
Sources :
La lecture seule : https://www.youtube.com/watch?v=lQrOumo_jCk
La lecture suivie de commentaires : http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4289
Troisième façon : La parole aux ActuaLiseurs
“Les
hommes n’aiment pas ce qui se mélange ; ce qui est hybride ; ce qui se
tient entre deux ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle, dans les
premiers temps, nous les tétanisions".
Le choix du narrateur : 1er atout
Comme le narrateur est interne ("je"), le lecteur pense que celui qui raconte est un humain, un autre lui-même ( "je" suis celui qui dit "je"). Il se fond dans la voix qui parle, elle devient la sienne, intérieure. C’est dérangeant, quand on comprend que celui qui parle, justement, n’est pas humain... Malo Claeys est fonctionnaire dans un ministère conçu pour une nouvelle espèce qui a colonisé la Terre.
A
quoi ressemble cette nouvelle espèce ? On sait qu’elle a une
capacité à s’adapter, par mimétisme, à la communauté dominante (autrement dit, ici, les hommes). Mais du coup : on ne sait pas ce qu’ils
sont, en eux-mêmes. D’ailleurs, on ne sait pas leur nom (on est obligé
de les appeler “les autres”…)
Le suspens : 2ème atout
On ne parlera ici que du 1er chapitre, excellent : tout est fait pour semer le trouble. On croit que le "je" est un des nôtres, mais on comprend très progressivement qu'il fait partie des "autres". Du coup, on a peine à croire que c'est bien l'espèce humaine qui est réduite à une espèce dirigée, soumise même, qui finit à l’abattoir quand "les autres” en ont décidé ainsi. Or “jusqu’à quand une vie d’homme mérite-t-elle d’être vécue ? Qui peut savoir cela ? Qui a le droit d’en décider ?” c’est de cette liberté de disposer de son corps et de sa vie que tout le roman va parler (entre autres). La fin du chapitre tient particulièrement en haleine, puisqu’on apprend que la fugitive que le narrateur est soucieux de retrouver était “destinée à finir dans les chambres froides d’un boucher, ou détaillée sur un étal, et qu’elle n’a vécu si longtemps que parce qu’(il) a transgressé la loi…” Donc, il faut se rendre à l'évidence : dans ce livre, les hommes sont de la viande en sursis.
Une écriture dystopique : 3ème atout
Le personnage prend du recul par rapport à sa situation et est capable, comme dans une enquête
objective, de montrer ce monde nouveau. Il en décrit les principes, le mode de fonctionnement et les écueils (notamment l’euthanasie des hommes de compagnie, puisqu'on ne les garde en vie
ni malades, ni vieux...). Le texte a un côté “rapport de vie”,un peu documentaire, dans lequel le narrateur pose un regard sans concession sur la société des hommes, qui a causé elle-même sa perte. Du coup, on perçoit les clins d’œil à des films comme Bienvenue à Gattaca ou La planète des singes (en pire) ou Hunger Game (pour les plus récents) et aux contre-utopies connues (1984, Le meilleur des Mondes) ou un peu moins (Le rire du grand blessé).
En bref : c’est un roman glaçant, clinique, dégoûtant par moment (au sens premier du terme), notamment dans le chapitre sur la visite de l’élevage. Mais ce n’est jamais du trash gratuit : tout est fait pour faire réfléchir. Après, c’est sûr, on ne regarde plus la viande de la même façon, ni les animaux qui nous entourent…
En prenant ce livre, je me suis dit que j'allais beaucoup l'aimer du fait de sa couverture : c'est fou ce qu'on peut être influencé par un beau graphisme. Elle s'ouvre en format paysage, ce qui est loin d'être fréquent, et affiche d'emblée des dessins couleur crème sur fond noir. La robe à pois d'une femme vue de dos, soutenant un homme au costume rayé attire immédiatement le regard. Équilibre des formes. Le tissu froissé donne du volume à cette histoire, les deux corps avancent unis, nous sommes derrière eux, nous entrons dans le livre. A peine si nous remarquons le manche d'une guitare dans la main de l'homme.
Car Love in vain, ça sonne comme un titre de chanson...et justement c'en est un. Mais ça, je ne l'ai pas su tout de suite parce que Robert Johnson (1911-1938) inscrit sous le titre, ça ne me parlait pas. Pas encore. C'est en lisant ce livre que je l'ai découvert. C'est l'histoire d'un bluesman des années 30, qui a inspiré les plus grands musiciens de notre époque entre autres : les Rolling Stones, Bob Dylan ou encore Led Zeppelin.
Le narrateur nous séduit par un récit mêlé de magie noire, de femmes aimées, perdues, d'alcool et de blues autant dire tous les ingrédients que l'on a l'habitude d'associer à l'image de l'artiste maudit. Robert Johnson émeut par ses questions sur l'origine de son talent et la façon qu'il a de le nourrir de ses propres expériences, même les plus tragiques - surtout les plus tragiques? ( N'oublions pas : tout ça c'est du blues !)
Robert Johnson était un grand parolier et Jean Michel DUPONT lui rend un dernier hommage à la fin du livre en nous offrant quelques-unes des plus célèbres de ses chansons (Il prend même la peine de les traduire)
Pour vous donner envie, voici Mick Jagger accompagné de Keith Richards reprenant le fameux Love in Vain de Robert Johnson.
Et pour les curieux, un lien vers un entretien donné par les deux auteurs de la BD:Entretien des auteurs.
Love in Vain de Jean-Michel DUPONT, illustration MEZZO
Edition Glénat 2014.
(article rédigé par Grace T, Béatrice H et Isabelle S)
Voici donc la sélection de romans contemporains que nous avons choisis de mettre à l'honneur pour cette nouvelle saison des ActuaLiseurs. Et à en croire l'engouement qu'ils ont suscité quand on les a présentés aux deux séances d'ouverture, on a eu raison... souhaitons que leur lecture confirme les premières impressions, les envies qu'ils ont réveillées !
Voici la liste dans l'ordre alphabétique (avec année de 1ère parution), puis vous trouverez un petit résumé concernant chaque livre, si vous avez envie de vous "faire une idée", et des petites vidéos, parfois, qui vous feront rencontrer les auteurs.
Bonnes fêtes et... bonnes lectures variées !
Isabelle Saïdou et Béatrice Huaulmé
Romans :
Chalandon
Sorj, Profession du père (éd Livre de poche, 2015)
De Vigan
Delphine, D’après une histoire vraie (éd Grasset, 2015)
De
Kerangal Maylis,Réparer les
vivants (éd Folio Gallimard, 2014)
Desarthe
Agnès, Une partie de chasse ( éd Points Seuil, 2012)
Rufin
Jean-Christophe, Le collier rouge (éd Folio Gallimard, 2014)
Nouvelles :
Pagano
Emmanuelle, Un renard à mains nues (éd P.O.L., 2012)
Bandes
dessinées :
Mathieu, Marc
Antoine, L'origine (éd Delcourt, 1991)
Dupont
Jean Michel, Love in vain (édGlénat, 2016)
CATÉGORIE ROMANS "PETITE TAILLE", FACILES À LIRE
Rufin Jean-Christophe, Le Collier rouge (2014)
Dans une petite ville du Berry,
écrasée par la chaleur de l'été, en
1919, un héros de la guerre est
retenu prisonnier au fond d'une
caserne déserte. Devant la porte,
son chien tout cabossé aboie jour
et nuit. Non loin de là, dans la
campagne, une jeune femme usée
par le travail de la terre, trop
instruite cependant pour être une
simple paysanne, attend et
espère. Le juge qui arrive pour
démêler cette affaire est un
aristocrate dont la guerre a fait
vaciller les principes. Trois
personnages et, au milieu d'eux,
un chien, qui détient la clef du
drame...
Foenkinos David, Charlotte (éd Folio Gallimard, 2014)
Ce roman retrace la vie de
Charlotte Salomon, artiste peintre
morte à vingt-six ans alors qu'elle
était enceinte. Après une enfance
à Berlin marquée par une tragédie
familiale, Charlotte est exclue
progressivement par les nazis de
toutes les sphères de la société
allemande. Elle vit une passion
amoureuse fondatrice, avant de
devoir tout quitter pour se
réfugier en France.
Portrait saisissant d'une femme
exceptionnelle, évocation d'un
destin tragique, Charlotte est aussi
le récit d'une quête. Celle d'un
écrivain hanté par une artiste, et
qui part à sa recherche.
L'écriture est simple, épurée, dense : elle ravira tous ceux qui n'apprécient pas trop les longues description.
Le narrateur, à la demande d'une psychiatre, raconte les événements qui, en l'espace de cinq jours, ont dévasté sa vie. Tout commence lorsque ce vendeur de téléphones mobiles apprend le décès de son père, avec lequel il entretenait des rapports très lointains. Afin d'organiser les obsèques, le jeune homme se rend dans la petite ville où vivait le défunt et s'installe dans la maison paternelle. Il fait alors une découverte terrifiante qui le plonge, au fil d'un enchaînement insidieux de faux pas, dans une situation cauchemardesque. On retrouve ici ce qui faisait la force du premier roman d'Alexandre Postel : une narration implacable et ironique, qui donne au récit la forme d'une tragédie. Le sentiment de culpabilité, au centre du texte, génère une atmosphère trouble et inquiétante : jusqu'à la dernière ligne, le lecteur hésite entre l'empathie, la révolte et l'effroi.
Desarthe Agnès, Une partie de chasse ( éd Points Seuil, 2012)
Ils sont quatre.
Quatre chasseurs qui avancent
dans les vapeurs de l'aube, avec
leurs fusils et leurs chiens. Tristan
est le plus jeune. Que fait-il là, en
compagnie de ces hommes dont il
se sent si différent ? Est-ce pour se
soumettre à une épreuve
initiatique ? Ou pour régler une
question d'honneur qui l'oppose à
l'un d'entre eux ?
Un accident survient, il faut aller
chercher du secours, les éléments
s'en mêlent, une tempête se lève.
Le déluge emporte tout sur son
passage, répondant peut-être à ce
désir qu'a Tristan de faire table
rase d'un passé encombrant.
Malte Marcus, Fannie et Freddie (éd Zulma, 2014)
New York. L’énorme escroquerie
des subprimes a conduit à la ruine
des millions de ménages modestes
endettés à mort, comme les parents
de Fannie, vieux couple d’ouvriers
rêvant d’accéder à la propriété.
Fannie, surnommée Minerve par
ses collègues de bureau parce que
son buste tout entier pivote quand
on l’interpelle. Fannie, dont
personne ne se doute que sa raideur
masque une effrayante coquetterie
pour dissimuler un œil de verre.
Cachant l’âme d’un cyclope
solitaire, cette Minerve borgne n’en
est pas moins femme.
Marcus Malte est l'auteur du roman très remarqué Le Garçon, publié cette année.
CATÉGORIE ROMANS "TAILLE NORMALE"
Faye Gael, Petit pays (éd Grasset, 2016, prix Goncourt des Lycéens 2016)
Burundi, 1993. Alors que les
élections présidentielles
apportent l'espoir d'une
démocratie, ce petit pays tombe
sous le poids de la haine, de la
mort et des massacres. Gaby est le
jeune fils d'un expatrié français et
d'une élégante rwandaise exilée. Il
coule des jours heureux au coeur
de son impasse, entouré de ses
amis. Il va chercher longtemps à
se cacher la réalité, il ne veut pas
choisir son camp, mais il devra
comme tout le monde faire le
deuil de sa vie d'avant, tirer un
trait sur son enfance et perdre son
innocence...
Garde François, L’Effroi (éd Gallimard, 2016)
Sébastien Armant est altiste dans
l'orchestre de Paris, sous la
direction du chef d'orchestre
mondialement connu, Louis
Craon. C’est homme sans histoire
avec une vie plutôt banale.
Un soir, lors d’un concert en direct
à la télévision, Louis Craon entre
en scène et avant de lancer le
départ, il assène un "heil Hitler"
accompagné d'un salut nazi. Que
se passe-t-il ? Est-ce réel ? Une
minute passe, personne ne
comprend, personne ne bouge,
Sébastien est le premier à se
lever. Il tourne le dos à son
supérieur, l'alto la tête en bas,
voilà le geste de son désaccord.
Ce geste va bouleverser sa vie. C'est ce bouleversement qui est au coeur de ce roman qui se dévore littéralement, éclairant très lucidement la dépendance de chacun aux mondes très lisses et froids des médias.
Chalandon Sorj, Profession du père (éd Livre de poche, 2015)
L'auteur nous raconte l'enfance
d'Emile, enfant unique né au
lendemain de la seconde guerre
mondiale. Emile a la chance
d'avoir un papa champion du
monde de judo, prêtre, agent
secret, ami intime de De Gaulle...
Alors évidemment, on ne s'ennuie
pas avec un papa pareil : après
l'entraînement militaire, il faut
déposer des lettres anonymes,
faire des planques...Difficile d'être
à la hauteur aussi de ce papa
exigeant, d'où la pluie de coups
qui ne cessent de s'abattre sur
Emile. Difficile aussi de croire aux
incroyables histoires de ce père
qui ne quitte pas l'appartement et
qui terrifie la mère, victime
consentante, bourreau auxiliaire.
Goby Valentine, Un paquebot dans les arbres (éd Actes Sud)
Au milieu des années 50,
Mathilde, 10 ans voit sa vie
basculer lorsque son père
contracte la tuberculose. C'est
l'histoire de sa vie (jusqu'à l'âge adulte) et celle de sa
famille dans la France des Trente
Glorieuses, de la Sécurité Sociale.
Inspiré d'une histoire vraie, ce roman est magnifiquement porté par une écriture propre à Valentine Goby : faite de phrases qui claquent, d'images fortes et qui montre le corps dans toute sa douceur et sa force, sans impudeur ni mièvrerie. A recommander à tous ceux qui sont curieux des relations entre un père et sa fille - complexes et simples en même temps.
De Vigan Delphine, D’après une histoire vraie (éd Grasset, 2015)
"Ce livre est le récit de ma
rencontre avec L. L. est le
cauchemar de tout écrivain. Ou
plutôt le genre de personne qu'un
écrivain ne devrait jamais croiser."
Dans ce roman aux allures de
thriller psychologique, Delphine
de Vigan s'aventure en équilibriste
sur la ligne de crête qui sépare le
réel de la fiction. Ce livre est aussi
une plongée au cœur d'une
époque fascinée par le Vrai.
Message Vincent, Défaite des maitres et possesseurs (éd Seuil, 2016)
Iris n'a pas de papiers. Hospitalisée
après un accident de voiture, elle
attend pour être opérée que son
compagnon, Malo Claeys, trouve
un moyen de régulariser sa
situation. Mais comment s'y
prendre alors que la relation qu'ils
entretiennent est interdite ? C'est
notre monde, à quelques détails
près. Et celui-ci, notamment : nous
n'y sommes plus les maîtres et
possesseurs de la nature. Il y a de
nouveaux venus, qui nous ont
privés de notre domination sur le
vivant et nous font connaître un sort
analogue à celui que nous
réservions jusque là aux animaux.
Pagano Emmanuelle, Un renard à mains nues (éd P.O.L., 2012)
Les personnages de ces nouvelles
ne se trouvent pas au milieu du
récit, ils restent dans les marges, ils
se tiennent au bord de leurs vies, de
leur maison, de leur pays, ils
marchent au bord des routes, à côté
de leur mémoire, à la lisière de
l'ordinaire et de la raison, comme il
leur arrive de faire du stop : au cas
où on s'arrêterait pour les prendre.
Je les ai pris dans mon livre.
CATÉGORIE ROMANS AU STYLE PARTICULIER, DÉTERMINANT
De Kerangal Maylis,Réparer les vivants (éd Folio Gallimard, 2014)
Le coeur de Simon migrait dans un
autre endroit du pays, ses reins,
son foie et ses poumons gagnaient
d'autres provinces, ils filaient vers
d'autres corps". "Réparer les
vivants" est le roman d'une
transplantation cardiaque. Telle
une chanson de gestes, il tisse les
présences et les espaces, les voix
et les actes qui vont se relayer en
vingt-quatre heures exactement
Le roman de Maylis de Kerangal
est une fresque sur la vie, celle
que l’on perd, celle que l’on
reçoit. Le lecteur découvre à
travers une galerie de portraits
des destins croisés, des êtres qui
vont se rejoindre autour d’un
corps, celui de Simon.
Ovaldé Véronique, Soyez imprudents les enfants ( édFlammarion, 2016)
Alors qu'elle a 13 ans, Atanasia
Bartolome a comme une révélation
devant une toile du peintre Roberto
Diaz Uribe. Elle découvre qu'il est
un cousin de son père et souhaite
savoir ce que cherche à lui dire ce
peintre, qui a disparu un jour
comme tous les ancêtres
Bartolome. La jeune fille décide de
partir elle aussi explorer le vaste
monde. Il s'agit d'un roman d'initiation, où l'on suit la jeune narratrice (qui tantôt dit "je", tantôt dit "elle" : code habituel détourné, qu'on se le dise...) en quête de cet artiste qui l'a ravie (elle remonte le temps à la recherche de tout ce qui pourra le lui faire mieux connaître) et en alternance : on découvre les ancêtres de cet homme (on avance chronologiquement à sa rencontre). Ce feuilletage de temps nous permet de sentir le "volume" qui constitue tous les petits fils qui se nouent entre eux pour tisser une vie.
CATÉGORIE BANDES DESSINÉES : "CASES EN NOIR ET BLANC"
Mathieu, Marc Antoine, L'origine (éd Delcourt, 1991)
un classique à avoir forcément dans sa bibliothèque, tous les amateurs de BD en conviennent. Voici le premier tome de la série de Julius Corentin Acquafaques, prisonnier des rêves. Tous les numéros (nous en sommes depuis deux ans au 6ème tome) sont fascinants (et lisibles indépendamment les uns des autres). Pour des raisons de budget, nous n'avons pas pris le dernier (Le décalage, numéro 6 : excellent et à ne pas "feuilleter", surtout : pour que la surprise qui arrive en fin de roman ne soit pas éventée !), mais le tout premier... à découvrir avec bonheur !
Dupont Jean Michel, Love in vain (édGlénat, 2016)
L'histoire vraie de Robert Leroy
Johnson (1911-1938), guitariste
virtuose, mort prématurément à 27
ans. Son talent était tel qu'on le
soupçonnait d'avoir vendu son âme
au diable. Grand séducteur et
noceur, il ne reste de sa courte
carrière que quelques
enregistrements et trois
photographies. Mais le mystère et
le génie qui l'entourent en font un
modèle pour des générations de
musiciens.
En grands amoureux du blues et de la musique du Delta, Jean-Michel Dupont, par son écriture subtile, et Mezzo, par son graphisme puissant, signent un somptueux album comme une ode à la mémoire de ce père du blues qui a inspiré tant de grands musiciens comme Jimi Hendrix, Bob Dylan ou les Rolling Stones.